Pépito

Pépito est un petit lapin, né probablement en janvier 2024. Son histoire illustre malheureusement ce que vivent de nombreux animaux, par l’ignorance et l’irresponsabilité de certaines personnes.

Avec l’autorisation de sa famille, voici son histoire ;

Donc, Pépito est un petit lapereau, mâle, acheté dans une ferme par une dame, pour l’anniversaire de sa nièce de 11 ans, que nous appellerons S. Elle n’était pas plus que ses parents, au courant de ce cadeau.

C’était une surprise !!!

Pleines de bonnes intentions, la famille l’a tout de même accueilli avec plaisir, avant de s’apercevoir que sa présence n’était pas compatible avec leur vie. Soucieuse du bien être de ce petit coquin, la maman a cherché des associations susceptibles de l’accueillir pour lui donner une vie adaptée. Après quelques refus, elle nous a contacté pour nous demander de le prendre.

EES-pa n’accueille pas d’animaux, mais je réfléchissais depuis quelques temps à adopter un nouveau lapin et ce fut une double opportunité. Éviter qu’il n’atterrisse dans de mauvaises mains et en adopter un à titre personnel.

Lorsque j’ai été le chercher, nous avons eu avec sa famille une grande conversation sur son histoire et les besoins d’un lapin.

Il n’avait qu’un mois lorsqu’il a été séparé de sa mère. Arrivé dans sa nouvelle famille, il a été nourri avec des graines premiers prix d’un magasin discount, du foin, de la pastèque, des courgettes et du concombre. Il était dans une cage d’environ un mètre et sortait régulièrement, mais n’avait ni jeu, ni occupation, peut-être même pas de litière au fond de la cage. La cage, pourtant neuve, était déjà grignotée. Il rongeait tout ce qu’il trouvait en sortie, ce qui posait problème. Étant assez vif, il était difficile à attraper et les enfants, ayant du mal, ne pouvaient le faire que de façon brusque. La maman, quant à elle, l’attrapait « comme au pays », par les oreilles. Il ne voulait pas rester dans les bras, surtout en hauteur, il se débattait et griffait.

S était contente de me raconter comment il était, ce qu’elle faisait avec lui… et m’a même montré une recherche sur internet concernant la taille nécessaire de la cage et m’a dit qu’une fois, il n’avait pas eu de crottes pendant deux jours. Elle était consciente que tout animal ressent des émotions et de la douleur, qu’il faut en prendre soin et avait de la peine de s’en séparer, même si elle savait que c’était mieux pour lui. La maman, quant à elle, semblait désoléé de ne pas avoir fait ce qu’il fallait. Elle pensait bien faire.

Cette famille était visiblement volontaire pour lui apporter une vie adaptée, mais n’avait pas prévu ni anticipé sa venue. Elle n’a pas su se renseigner au bon endroit et avait des a priori culturels incompatibles avec le bien-être animal et ses besoins et a cumulé beaucoup d’erreurs.

S m’a promis de parler autour d’elle de notre discussion pour faire profiter de ce qu’elle avait appris et la maman devait dire à la tante de ne pas recommencer.

Pépito a eu beaucoup de chance de survivre.

En effet,

  • l’âge requis pour être séparé de sa mère après un sevrage correct est de 2 mois et demi 3 mois, un mois est un âge beaucoup trop jeune
  • un lapin en général et un lapereau en particulier est très fragile
  • un lapin est un herbivore strict, qui doit manger principalement du foin, des granulés spécifiques et certaines plantes et quelques légumes. Cette alimentation fraiche doit être introduite très progressivement. Les graines (blé, maïs….) pourtant présentes dans la plupart des mélanges ne sont pas du tout adaptées à son système digestif et peuvent le tuer.
  • tous les légumes et fruits riches en eau sont susceptibles de donner des diarrhées, surtout lorsqu’il est jeune. Une alimentation inadaptée, peut également entrainer un ralentissement voir un arrêt de transit. Il peut mourir de l’un ou de l’autre en 24h si un traitement spécifique n’est pas mis en place rapidement par un vétérinaire compétent.
  • le foin est également essentiel pour user ses dents qui poussent en permanence et pour maintenir un bon transit et il doit être de bonne qualité.
  • les infos que S a trouvées pour la cage, préconisaient une taille minimum « si le lapin ne sortait pas », or il n’est plus concevable à notre époque qu’un lapin vive en permanence enfermé. Ce qui équivaudrait à vivre enfermé dans nos WC. Des sorties plusieurs heures par jour sont indispensables, si une vie en enclos voir en liberté, n’est pas possible
  • dans tous les cas, l’environnement doit être adapté à ses besoins, avec suffisamment d’occupations (jeux à lancer, à creuser, tunnels, espace…)
  • l’environnement doit être sécurisé (fils électriques, objets dangereux…)
  • l’attraper par les oreilles et/ou de façon brutale est non seulement stressant et douloureux, mais également dangereux (fractures, section de la moelle épinière avec paralysie définitive voire mort, crise cardiaque…)
  • le fait de le porter après l’avoir brutalement attrapé réveille le stress de la proie capturée par le prédateur.

De plus, il ne faut pas croire se qu’on raconte sur les lapins. Ce ne sont pas tous des petites peluches trop mignonnes à cajoler. Certains sont en effet, calmes, dociles et apprécient les câlins, mais la plupart deviennent, si on leur laisse l’opportunité d’exprimer leur personnalité, de vraies petites terreurs, en particulier à l’adolescence lorsque les hormones les excitent, ce qui arrivent très vite.

Ce fut le cas, de ce jeune homme, pourtant très jeune à l’époque de son adoption. Il s’est calmé depuis sa castration, mais c’est un ouragan. Il monte partout, se retrouve en haut des meubles, course les chats, déménage tous ses accessoires (cabanes, tunnel, gamelles…) court partout et harcèle mes lapines pourtant stérilisées quand ses hormones sont aux max.

Il n’aime toujours pas être manipulé, ni porté (ce que je ne fais qu’en cas d’obligation), mais est adorable, accepte d’être caressé quand il est de bonne humeur et heureusement la cohabitation se passe bien, car ce n’est pas toujours le cas.

Il faut être très prudent à l’introduction d’un congénère et respecter certaines étapes, sous peine de grosses bagarres pouvant entraîner de graves blessures.

Maintenant il est heureux dans sa nouvelle vie, espérerons-le pour de longues années et la famille est rassurée de le voir épanoui.

Mais il a eu beaucoup de chance.

D’autres n’en ont pas autant et mourront rapidement de maladies dentaires, de problèmes de transit, d’accidents, ou vivront comme ils le peuvent dans des conditions inadaptées, sans joie, voir maltraités, abandonnés, donnés de main en main à n’importe qui,… ou ils finiront comme casse croûte pour reptiles…

Avant d’offrir un animal, assurez-vous que c’est un projet réfléchi, voulu par la personne et sa famille et que tous, ont les informations et les conditions nécessaires pour lui offrir une vie adaptée durant toute sa vie.

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