Une chanson parlait de faire des bêtises, des bêtises quand t’es pas là… Bon concrètement même quand t’es là.
Et oui, nos poilus, nos plumeaux adorés et même parfois les autres, peuvent faire ce que nous appelons, nous, humains, « des bêtises ».
Mais qu’est-ce que c’est des bêtises ?
Ce mot, très répandu dans le langage courant est généralement utilisé pour des faits, des actions inadaptés à une situation donnée, ce qui entraîne souvent des événements négatifs pour la personne qui utilise ce concept.
Au quotidien ce terme est souvent utilisé par les adultes pour décrire les maladresses des enfants, la transgression des interdits… et aussi pour désigner certains comportements des animaux domestiques, devenus animaux de compagnie (destruction, vol de nourriture…)
Dérivé du mot bête, qui désigne à la fois les animaux, (sauf l’homme, pourtant mammifère) et quelqu’un de stupide, idiot, sans intelligence, incapable de réfléchir… Cela nous indique la vision de l’homme vis à vis du monde animal (et des enfants).
Tous les animaux, sans exception, ont été considérés pendant très longtemps comme « bête », sans aucune intelligence, ni sentiment, ne ressentant pas la souffrance. Tout juste bon à se reproduire et à être consommés.
En effet, ce n’est que récemment que certaines personnes se sont posées des questions et ont étudié les « capacités intellectuelles des animaux ».
Ces recherches ont pu mettre en lumière que la plupart d’entre eux ont une intelligence bien supérieure à ce que nous pensions.
Ces recherches ont malheureusement, été rarement bienveillantes, encore aujourd’hui certains animaux sont torturés pour faire « avancer la science »
Les conditions de vie imposées par l’homme ne leur permettaient pas de l’exprimer.
- Que peut faire le poisson, à par tourner en rond dans son bocal vide ?
- Que peut faire le lapin, enfermé 24h/24 au fond d’un minuscule clapier, à par faire des petits et attendre d’être saigné et cuisiné ?
- Que peut faire un cochon, enfermé dans un minuscule espace, parfois dans le noir ?
- Et un chien, attaché en permanence au bout d’une chaîne ?
La liste des exemples peut être encore longue.
Petit à petit, notre vision de leurs besoins et de leur capacité a changé et, la plupart d’entre nous, souhaite avoir non plus des animaux domestiques, mais des animaux de compagnie, heureux et en bonne santé.
Certaines espèces, comme le lapin, le chat et le chien sont passées d‘un statut utilitaire, à membre de la famille et ont rejoint nos intérieurs.
Nous leur donnons plus de liberté physique, mais également nous leur permettons d’exprimer leur comportement « naturel ». Nous pouvons alors, découvrir leurs capacités, parfois impressionnantes et dérangeantes.
Mais les conditions de vie que nous leur offrons, bien que plus bienveillantes, ne sont pas forcément plus adaptées aux besoins de leur espèce.
C’est là que surviennent « LES BÊTISES ».
Votre lapin qui grignote vos meubles.
Dans la nature il grignote les arbustes pour se nourrir (pas pour faire ses dents), en a-t-il à disposition ?
Votre chien qui « vole » votre steak.
Vous lui mettez de la nourriture bien appétissante sous le nez, pourquoi ne se servirait-il pas ?
Votre oiseau que vous laissez voler dans le séjour qui fait ses fientes partout.
Un oiseau ça n’utilise pas de litière.
Votre chien qui fait pipi par terre à vous avoir attendu toute la journée.
Essayez, vous, de ne pas aller au WC pendant 8h, vous y arrivez ?
Votre chat qui fait ses griffes sur le canapé en cuir.
Pour lui c’est mieux que le papier peint, d’ailleurs, a-t-il un griffoir adapté ?
Votre chien qui dévore vos chaussures en cuir.
N’est-ce pas de la peau de vache, tout comme les os que vous lui donner à mâcher ? En a-t il d’ailleurs, pour s’occuper ?
Votre chien tout content de vous voir, vous fait la fête en vous sautant dessus, dommage pour la belle robe tout neuve que vous mettiez pour aller à un rendez-vous.
Mais d’habitude en jogging, c’est pas un problème, il vous aime pareil.
Le beau sapin de Noël par terre parce que votre chat a joué à Tarzan et le chien qui a mangé les cadeaux.
C’était trop drôle, ces jolies lumières qui clignotent et ces baballes colorées, quand aux paquets, quel pied à les déchiqueter comme ses jouets… Le problème c’est que c’est aussi dangereux.
Votre lapin disparu que vous cherchez longtemps, avant de le retrouver au fond de la poubelle.
Les couvercles à bascule c’est pas pratique quand il saute dessus.
La poubelle renversée et éparpillée ?
Elle était donc à portée avec ses bonnes odeurs à inspecter.
Votre lapin qui mord sa cage et fait tout voler. Pas drôle d’être enfermé. En enclos, il tente de s’échapper.
Dans la nature son territoire est infiniment plus grand. A -t-il des jouets pour s’occuper ? Peut-il se balader suffisamment longtemps dans un grand espace sécurisé ?
Votre chat qui fait pipi sur la poubelle.
N’est-ce pas dedans que vous avez mis sa litière sale avec son odeur ?
Votre lapin si gentil se met à vous attaquer quand vous mettez la main dans sa cage ?
A partir de 6 mois il devient adulte, les hormones le travaillent et il défend son territoire. D’où l’importance de la stérilisation en plus des bienfaits sur la santé.
Vos rats ont grignoté la télécommande.
Normal ce sont des rongeurs, ils adorent ça, tout comme leurs congénères sauvages.









La plupart du temps ce ne sont pas eux qui font des « bêtises », mais nous qui leur offrons des opportunités bien alléchantes, en laissant des objets à leur portée, en ne sécurisant pas certains endroits, en ne fermant pas une porte…
Alors, même si nous pouvons encore employer ce terme au sens courant, prenons le temps de comprendre le pourquoi du comment, de voir qui fait quoi et pourquoi, afin de changer notre vision des choses, adapter notre comportement, l’environnement de nos animaux et ne plus subir « ces bêtises » qui peuvent non seulement créer beaucoup de problèmes au quotidien, gâcher notre relation, mais également représenter un réel danger.
Vous l’aurez donc compris, ce que nous appelons « bêtises » n’est pas dû à un manque d’intelligence, à une incapacité à réfléchir, mais
- à l’expression de leurs besoins naturels,
- parfois à un manque d’éducation et/ou de renforcement involontaire de notre part
- à un environnement inadapté
- au fait
- que nous n’avons pas les mêmes moyens de communication, ni les mêmes codes
- que nos intérieurs sont loin de leur environnement d’origine et sont remplis de tentations
- et bien au contraire, justement parce qu’ils sont intelligents, ils cherchent des moyens d’arriver à leurs fins, malgré nos précautions
La plupart du temps, c’est nous qui avons fait la bêtise en ne fermant pas la porte, en laissant les chaussures et la télécommande à portée de dents, sans surveillance…
A nous de nous adapter, de modifier l’environnement, notre façon de faire, d’être vigilants… pour éviter un maximum de tentations et apporter une réponse à leurs besoins.
N’oublions pas non plus, que ces comportements « normaux » dans une certaine mesure, peuvent également devenir un trouble du comportement qui exprime du stress, un mal être ou une maladie.
Dans ce cas et/ou à partir du moment où cela devient dangereux, pénible, ingérable, pensez à :
- en parler à votre vétérinaire pour lui faire faire un bilan de santé
- prendre conseil auprès de professionnels compétents (éducateurs, comportementalistes…)
- et/ou d’associations
Fuyez les conseils de Madame Jesaistout, du style « il a fait pipi par terre, il faut lui mettre le nez dedans et lui retirer l’eau… », « s’il grogne il faut te fâcher »…
Dans tous les cas, vous énerver, crier, ne sert à rien, sinon à le stresser, voire à amplifier le problème. Il ne peux pas comprend pourquoi vous êtes fâché.
Imaginez, vous qui
- vivez avec tout le confort,
- allez au supermarché faire vos courses dès que vous en avez besoin, avec vos habitudes alimentaires bien précises
- parlez votre langue de naissance avec des interlocuteurs qui vous comprennent parfaitement
- maîtrisez parfaitement les coutumes du parfait citadin
- ainsi que les nouvelles technologies, sans lesquels vous seriez perdu
vous vous retrouvez du jour au lendemain, seul, dans une tribu lointaine et isolée au milieu d’une forêt. Vous ne connaissez personnes, vous ne comprenez ni le langage, ni les coutumes et règles strictes de ce peuple.
Bah, il y a des chances que vous en fassiez des bêtises et que ces autochtones vous trouvent bizarre et stupide.
Dans tous les cas, rappelez-vous que vous l’aimez quand même.
Enfin, c’est à espérer.
Je t’aime quand même !!