Un jour, j’ai dû consulter en urgence pour ma chienne qui faisait un AVC et pendant que je la surveillais, avant de savoir la suite, j’ai entendu un petit bruit dans un autre cage, un peu plus loin.
Quand je me suis approché, j’ai vu une petite chose, grise, minuscule, sale, les yeux abimés. Je lui ai parlé, elle s’est approchée de la grille pour se faire caresser. A son âge elle aurait dû être auprès de sa mère, pas au fond d’une cage, seule, dans un état pareil… Apparemment elle n’avait pas de famille, sûrement un chaton de plus né dans la rue.



Son état m’a fait beaucoup de peine, mais ma priorité était à cet instant la survie de ma chienne.
Une fois, celle-ci prise en charge dans une autre clinique, je ne faisais que penser à cette petite minette.
Qu’allait-elle devenir ? Dans cet état, son avenir était plus que compromis.
J’ai alors téléphoné pour me renseigner.
On m’a confirmé qu’elle était née dans la rue, trouvée et amenée par des gendarmes un mois avant.
- Âgée d’à peine quelques semaines, elle était quasiment mourante, infecté par le coryza, les yeux attaqués par l’herpès.
- Séparée de sa mère, sûrement morte, elle s’est retrouvée, seule, souffrante, en ville, puis dans une cage en clinique.
- Si elle n’avait pas été trouvée et soignée elle serait morte dans d’atroces souffrances, étant malade, aveugle, trop petite pour se débrouiller et se nourrir.
- A ce stade le coryza était soigné, mais ses yeux allaient nécessiter encore de longues semaines de traitement.
L’étape suivante était la fourrière, vu son état, le coût des soins et le peu de chance d’être adoptée, elle allait surement être euthanasiée ou allait passer de longues années en refuge ou association.
Je ne pus me résigner à la laisser à ce triste sort et j’ai demandé à l’adopter.
Une fois à la maison, j’ai constaté qu’elle n’avait reçu que des soins de base minimum (une opération chirurgicale plus précoce aurait peut-être sauvé ses yeux), et qu’elle avait été sevrée trop vite. Elle aurait dû avoir des biberons de lait maternisé, mais elle était déjà nourrie à la pâtée.
Je l’ai emmenée consulter mon vétérinaire habituel, qui a modifié le traitement. Une opération a été tentée, mais sans succès. Ses yeux ont cicatrisé, mais n’étaient plus fonctionnels. De plus, elle sera porteuse à vie des ces virus et peut déclarer à nouveau ces maladies à tout moment.
D’abord installée dans une cage à lapin, le temps d’une quarantaine pour lui laisser le temps de faire connaissance, de reprendre des forces et d’être sûre qu’elle n’était plus contagieuse pour mes autres chats, j’ai adapté son environnement à son évolution.


J’ai rapidement constaté son caractère de battante et son envie d’aventure.
Elle s’est progressivement adaptée à la maison, pour finir par explorer les différents étages, avec même quelques visites du jardin.
A ce jour, 4 ans après son sauvetage elle a une vie tout à fait « normale », elle s’éclate avec des boules de papier, grimpe sur la fenêtre sécurisée pour prendre l’air, adore monter et dormir sur l’escabeau… A part quelques petites bizarrerie de temps en temps, comme faire des aller-retour face à un mur ou une étagère, si on ne sait pas qu’elle est aveugle, cela ne se voit pas à son comportement. Cependant, elle garde des séquelles d’avoir été séparée de sa mère trop tôt et fait régulièrement ce que encore ce j’appelle la « tétouille ».



Son exemple illustre la réalité de ce que vivent des chats errants. Une bonne partie d’entre eux, n’ont pas sa chance d’être sauvé.
Elle est aveugle, mais vit une vie normale, heureuse et en sécurité. Elle arrive même à faire des choses que mes autres chats ne font pas comme réussir à attraper les mouches.
TOUS N’ONT PAS CETTE CHANCE
ET
VIVENT UNE VIE DE MISÈRE
MEURENT DANS D’ATROCES SOUFFRANCES
A CAUSE
DE L’IRRESPONSABILITÉ ET DE LA CRUAUTÉ
DE CERTAINS HUMAINS
PENDANT QUE D’AUTRES S’EPUISENT
À ESSAYER DE LEUR VENIR EN AIDE
DANS L’INDIFFERENCE GÉNÉRALE
ET EN PARTICULIER DE CERTAINES
COLLECTIVITÉS LOCALES
Isabelle, présidente