Le syndrome de Diogène
Qu’est-ce que c’est ?
C’est un trouble du comportement, qui touche principalement les femmes âgées, mais peut concerner tout le monde.
Il peut être déclenché par un choc psychologique, comme un décès, une souffrance enfouie, un traumatisme et être ou non associé à d’autres maladies psychiatriques ou psychologiques.
Généralement la personne qui en souffre :
- entasse beaucoup d’objets hétéroclites, dont des déchets (poubelles, excréments…)
- néglige cruellement l’hygiène, autant corporel que celui de son environnement
- s’isole socialement
- interdit l’accès à son logement et trouve toujours des excuses pour ne pas accepter de visites (familles, amis, autres…)
- ne ressent pas le besoin d’être aidée, voire refuse tout aide extérieure, car ne voit pas le problème
Elle peut souffrir de tous ces symptômes à la fois ou seulement de quelques uns.

Le manque d’hygiène, en particulier s’il est associé à l’accumulation de déchets, représente un réel danger pour cette personne, tant au niveau du risque de maladies, d’infections, que d’accidents (chute d’objets, chute de la personne, incendie…). Idem pour les personnes qui arrivent à entrer dans le logement.



Cela entraine également des nuisances vis à vis du voisinage (odeurs, cafard, rats…), ainsi que la dégradation du logement et de son contenu.
Quel rapport avec les animaux et leur protection ?
Cette maladie pose de gros problèmes à la personne qui en souffre, même si elle ne s’en rend pas compte et un ou des animaux peuvent se retrouver « coincé » dans cette environnement néfaste et dangereux et en pâtir.
Soit parce qu’il(s) étai(en)t là avant l’apparition des symptômes, soit parce que la personne se met à les « entasser », comme les objets et/ou déchets ou qu’elle souffre en parallèle du syndrome de Noé.
Bien évidement cet environnement n’est pas du tout adapté et compromet leur bien être et leur sécurité.
Ils ont autant besoin d’aide que la personne malade.
Comment les aider ?
Il est souvent difficile d’aider ces personnes, car elles sont dans le déni et ne comprennent pas les conséquences et l’implication de leur comportement. Tout changement dans cet environnement qu’elles se sont construit risque de provoquer une angoisse ingérable, pouvant mener jusqu’au suicide. Une intervention et/ou un désencombrement « brutal» est à éviter si la vie de la personne ou des animaux n’e sont ‘est pas en danger immédiat.
Pour la personne, la première chose à faire est d’en parler au médecin traitant et/ou à un psychiatre et de prendre conseil auprès de services compétents, du centre communal d’action sociale. En cas d’urgence, l’intervention des pompiers peut être nécessaire.
Pour les animaux, si leurs conditions de vie sont vraiment maltraitantes, que leur santé et/ou leur sécurité est compromise et qu’aucune solution pour améliorer la situation n’est rapidement possible, il convient de faire intervenir les services compétents pour les sortir de là ou pour permettre des aménagements. (voir alerte maltraitance).
Cependant, il est important de leur expliquer la situation, ainsi que les conséquences de cette intrusion pour la personne. Il est nécessaire d’en tenir compte, de prendre le temps de discuter, de négocier, d’essayer d’être compréhensif.
Le syndrome de Noé
Tout comme le syndrome de Diogène, le syndrome de Noé est un trouble du comportement souvent associé à une maladie psychiatrique. Ils peuvent être associées.
La différence est la conséquence sur les animaux.
Dans le syndrome de Noé, la ou les personnes (couples, groupes se disant gérants de refuge) accumulent les animaux d’une ou plusieurs espèces à un point où leur nombre devient rapidement ingérable.
Ces personnes sont persuadées qu’elles les « sauvent », qu’elles les « aiment », et n’ont aucune conscience des conditions de vie maltraitantes qu’elles leur imposent, ni de leur état de santé.
Généralement, leurs besoins de base (sécurité, environnement, espace…) ne sont pas pourvus et ces animaux
- n’ont pas la nourriture adaptée, nécessaire à leur besoin en quantité et qualité, voir pas suffisamment d’eau
- n’ont pas les soins indispensables et sont dans des états physiques dégradés (pelage sale, emmêlé…)
- ne sont pas soignés en cas de blessures, de maladies, de parasites… et cela se propage rapidement
- ne sont pas stérilisés et se reproduisent de manière incontrôlée
- souffrent et meurent, leurs corps restant dans les frigo ou congélateur, voir au milieu de leurs congénères
- vivent dans une hygiène déplorable, au milieu de leur excréments
Dans la grande majorité des cas, les animaux doivent être rapidement retirés de cet environnement toxique et soignés pour leur survie.
Cela peut être compliqué, la personne malade étant rarement coopérative étant donné que pour elle, il n’y a pas de problème, qu’elle s’en occupe correctement et qu’ils vont bien. Forcément, elle le vit très mal. Cependant, la survie des animaux étant en jeu, cela n’est pas discutable.
Tout comme pour le syndrome de Diogène, il est cependant important de tenir compte de ce trouble dans l’approche de la situation. Une gestion trop brutal peut amener la personne concernée à décompenser et à avoir une attitude encore plus dangereuse pour sa santé, allant même jusqu’au suicide.
Dans certaines circonstances, elle peut être autorisée à en garder quelques uns sous certaines conditions.